Chapitre 1 - Mission Rockall-Mingulay (Irlande-Ecosse) du 22 juin et 3 juillet 2016

Si vous souhaitez nous poser des questions, écrivez nous à contact@inflexion.info 

 

Vendredi 1er juillet 2016 - Lerwick
18h00 - 60°N/01°W
 

Nous voici à Lerwick comme vous l'avez compris. Après dix jours en mer, nous voici de nouveau sur le plancher des vaches. 
Nous découvrons cette petite ville du nord de l'Ecosse, ses poneys, ses moutons, ses paysages, ses vikings, ses pubs...

Nous vous remercions de nous avoir suivi pendant cette campagne et vous donnons rendez-vous à partir du 10 juillet pour le deuxième chapitre : STEP en Norvège. Peut-être verrons-nous des icebergs...

Jeudi 30 juin 2016 - Transit
20h00 - 59°N/05°W

Après un prélèvement d'eau ce matin aux abords de Mingulay, nous voici en transit vers les îles Shetland où nous arriverons demain. La connexion internet est actuellement très faible et nous est difficile de vous montrer des photos. A bord, nous sentons que la mission va toucher à sa fin et les premiers rangements sont effectués.
 

La nuit, Pauline veille à la Passerelle...

Mercredi 29 juin 2016 - Machine
17h00 - 56°N/07°W

Depuis hier soir, nous avons enchainé plusieurs carottages avec succès. Non seulement il n'y a pas eu de banane mais les carottes étaient toutes bien remplies de sédiments. Il ne reste plus qu'à les analyser pour recueillir les données utiles à cette recherche. Ce prélèvement était particulièrement important pour la réussite de cette campagne. 

Actuellement, nous faisons route vers la station 6, plus au nord de L'Écosse où nous passerons entre plusieurs îles. Ce transit de quelques heures va nous permettre un moment de repos bien mérité jusqu'à demain matin. Nous allons d'ailleurs en profiter pour organiser un barbecue ce soir sur le pont avant du navire. 

Cet après-midi, nous avons pu visiter la salle des machines de L'Atalante. Guillaume nous a guidés dans ce labyrinthe bruyant et complexe.
Ce que nous en retenons c'est que le navire dispose de moteurs électriques. Ces moteurs électriques sont alimentés par de gros générateurs fonctionnant au gasoil. Nous avons pu déambuler entre transformateurs, compresseurs, générateurs, moteurs. La taille de cet espace et des différentes pièces est impressionnante. Nous avons également pu voir le câble grands fonds qui sert à descendre les carotteurs à plusieurs milliers de mètres de profondeur.

Le propulseur est un moteur particulier qui sert à maintenir la station du bateau dans les opérations de carottage (positionnement dynamique). Il est d'une grande aide également lors des manoeuvres portuaires. Un logiciel permet de maintenir le positionnement du bateau en station. En cas de gros temps, les commandes doivent passer en manuel. L'humain est encore plus performant que la machine. 

Mardi 28 juin 2016 - Scotland
20h00 - 56°N/07°W

L’événement du jour c’est que nous apercevons les côtes écossaises depuis ce soir. Certains nez fins disent sentir l'odeur de la tourbe et du whisky. Mais il va falloir attendre quelques jours avant de pouvoir entrer dans un pub.
Nous sommes actuellement au-dessus de Banana Reef, structure géologique en forme de banane. Un petit clin d'oeil au carottage d'hier.

Nous restons pendant 24 heures au-dessus de Banana Reef et allons entreprendre plusieurs carottages. La première carotte devrait remonter aux alentours de minuit. Le quart minuit-4h se prépare donc. 

Pendant ce temps, Frédéric, Fabrice et Jacques, les trois cuisiniers de Genavir contribuent à la bonne ambiance sur le bateau. Chaque jour, de 7h à 13h et de 17h à 21h, l’équipe s’active pour nourrir jusqu’à 60 personnes. Les menus sont mis en place deux ou trois jours à l’avance en fonction de la gestion des produits frais et des produits surgelés (au moins cinq congélateurs dédiés aux viandes, aux poissons, aux fromages et glaces, au pain, aux crustacés et crevettes). Leur travail consiste également à prévoir les commandes. Celles-ci se font en accord avec le commandant du bateau. L’enjeu est de pouvoir être autonome pour, parfois, des campagnes en mer qui durent un mois sans escale.

Avec une formation classique de cuisine et une formation de navigation en marine marchande, ils semblent satisfaits de cette vie. « Le marin a envie de partir quand il est à la maison et a envie de rentrer quand il est en mer. C’est le paradoxe. Il faut être un peu vagabond pour être marin. » nous dit Fabrice en servant une assiette de haricots verts et de poulet.


Noric et Fabrice

Leurs missions durent en moyenne deux mois. Et les temps de congés sont d'environ la même durée. « En fait, on a deux vies bien distinctes : la vie professionnelle sur le bateau et la vie familiale à la maison. Pour les conjoints, ce n’est pas facile car ils doivent tout gérer à la maison pendant que les marins sont à bord » ajoute Jacques.
Pascal et Noric sont les deux maîtres d’hôtel présents à bord de L’Atalante pour cette campagne. Ils ont un rôle important pour le service lors des repas et s’occupent de l’entretien des cabines, du linge, de la gestion des ventes de cigarettes et produits détaxés.
Il semble régner une bonne ambiance derrière les fourneaux et les convives à table semblent satisfaits. Par ailleurs, l’équipe de cuisine décline toute responsabilité concernant les éventuelles prises de poids. Heureusement qu’il y a la salle de sport où nous pouvons ramer, courir, pédaler. Cette salle se trouve tout près de la cuisine. À bon entendeur. 

Lundi 27 juin 2016 - Banane
22h15 - 56°N/09°W

En langage de carotte, qu'est-ce qu'une banane?
Est-ce un fruit trouvé dans les sédiments? Un sac attaché à la taille des marins? Un sourire de scientifique?
Rien du tout.
Une banane c'est ça : 

C'est donc une carotte qui s'est tordue à cause de la résistance des sédiments. Celle-ci mesurait 20 mètres et n'a pu s'enfoncer que de 9 mètres. 
Vers 3h du matin donc l'équipage n'a pu que constater la bizarrerie. Les marins ont réussi tout de même à la sortir de l'eau et à découper la partie tordue. L'équipe scientifique a pris ensuite la main pour découper et stocker les 9 mètres 50 récupérés. Le travail s'est terminé vers 6h du matin alors que les premiers rayons du soleil apparaissaient. 

Le météo a changé aujourd'hui mais nous étions loin de la tempête annoncée. La houle importante a quand même créé des mouvements du bateau. Quelques chutes d'objets et de personnes, heureusement sans gravité, ont été recensées. Le soleil est apparu et a révélé des lumières et des couleurs aux magnifiques intensités. Certains en ont profité pour s'asseoir et méditer sur le pont. 

L'équipe scientifique coordinatrice a passé une bonne partie de la journée à repérer des sites de carottage. La fatigue se fait ressentir après ces quelques nuits à veiller, à scier, noter, prélever... Les mouvements du bateau d'aujourd'hui accentuent cette sensation. Mais le plaisir d'être présent à bord et dans ces lumières éblouissantes redonne de l'énergie. Sans données, ils utilisent le sondeur multifaisceau et le sondeur à sédiments dans l'espoir de repérer une zone sédimentaire intéressante.
Les sondeurs font parties du bateau et sont fréquemment utilisés par les équipes scientifiques. A bord, trois techniciens électroniciens que l'on nomme "les sédentaires naviguants" sont présents pour mettre en oeuvre les différents équipements destinés à la science. Ils ont un statut particulier car ne sont ni marins ni scientifiques. Ils sont un peu entre les deux. Ils alternent entre le travail sur le bateau et le travail à terre dans les ateliers d'Ifremer pour concevoir et préparer les machines et les missions. Ils passent en moyenne 130 jours par an en mer (180 jours par an pour un marin). Sur L'Atalante, pour cette mission, ils sont trois à fonctionner en quarts : Ronan, Renaud et Wendi.


Une partie de l'équipe scientifique


Wandi et Ronan, "sédentaires naviguants"

Demain, nous nous dirigerons vers les côtes écossaises et le site de Mingulay. 
Ce soir, comme samedi, un groupe de globicéphales est venu près du bateau. Nous avons pu les observer de longues minutes à la nuit tombante pendant qu'une carotte de 10 mètres sortait de l'eau. Cette fois, elle est apparue bien droite. Et nous avons la banane.

Belle nuit et à demain,

Dimanche 26 juin 2016 - Le calme avant la tempête? 
21h52 - 56°N/10°W

Ce dimanche a été plutôt tranquille pour toute l'équipe même si le travail continue de jour comme de nuit.
Hier, entre 1h et 4h, nous avons découpé une carotte de sédiments qui mesurait 13 mètres. Cette carotte a été partagée en portions de 1,50 mètres. Chaque fragment a été soigneusement marqué pour être stocké dans une chambre froide en attendant d'être ouvert et analysé au retour de la campagne.

 

Pendant la journée, nous sommes passés au dessus d’un mont sous marin qui présentait à son sommet une épaisseur sédimentaire intéressante. Nous avons tourné autour et sommes en train d’effectuer un nouveau carottage. 

 

 

Les repas pris par toute l'équipe à bord de L'Atalante sont concoctés tous les jours par l’équipe en cuisine, Frédéric, Fabrice et Jacques qui semblent mettre du cœur à l'ouvrage. Ce midi, nous avons eu le droit à un véritable repas de fête : coquilles Saint-Jacques, magret de canard, viande de cerf et feuilleté aux fraises... 
Dans l'après-midi, les personnes intéressées par le football n’ont pas pu regarder le match qui opposait la France et l’Irlande mais se sont réunis autour d’une diffusion radio. D'après l'interprétation de certains cris, il semblerait qu'ils étaient contents du résultat. Nous avons quand même une pensée pour les irlandais qui ont accepté que nous naviguions et prélevions dans leurs eaux territoriales.

 


David


Visesio

Ce soir, nous sentons que la météo est en train de changer. Le bateau est de plus en plus remué par les éléments. Cela n'empêchera pas cette équipe de motivés de découper, prélever, échantillonner. L'équipe scientifique et le commandement du navire ont décidé d'attendre 24 heures avant de prendre la direction de Mingulay en Ecosse, la prochaine station. Les conditions par là-bas seraient trop pénibles pour naviguer et travailler.

Nous pourrons avoir accès à une galerie d’images sur ce site web. Titouan Tencé a travaillé toute la journée pour pouvoir la mettre en place et bataillé contre les difficultés techniques. Créer et alimenter un site web n'est pas chose aisée en pleine mer.

Très bonne nuit et à demain,

Samedi 25 juin 2016 - Rockall et l'Atlantide
21h12 - 55°N/14°W

Nous sommes arrivés la nuit dernière sur le plateau de Rockall. Après avoir cherché une zone intéressante grâce au sondeur à sédiments et au tracé bathymétrique, l’équipe a décidé de descendre le carottier multitube prélevant des sédiments de surface et de l’eau profonde.

Alors que les derniers rayons du soleil persistent malgré l’heure tardive, trois membres de l'équipage, Visesio (maître d'équipage), Serge (chef de bordée) et Tony (matelot) s’affairent pour la manœuvre de mise à l’eau, de descente et de remontée du "multicore".

De retour en surface, les tubes sont bien remplis de sable et de différentes espèces vivantes ou mortes. L’équipe de minuit–4h prend la main pour échantillonner les quelques dizaines de centimètres prélevés.

L'équipe de coordination veille toute la nuit pour repérer des zones sédimentaires et observe des tracés bathymétriques aux reliefs très surprenants.
Au levé du jour, un prélèvement CTD d’eau à plusieurs profondeurs est effectué ainsi qu’un carottage type gravité. Nous avons ainsi pu observer les premiers coraux mélangés avec le sédiment. L’observation à la binoculaire montre la diversité du fond de l’océan à cette profondeur de 700 mètres. Peu par rapport aux profondeurs habituelles de carottage.


Photo de Meriadec Le Pabic

 


Photo de Meriadec Le Pabic

 


Image de Elsa Cariou

 

Le plateau de Rockall porte le nom d’un rocher isolé qui, jusqu’en 1997, permettait au Royaume-Uni de revendiquer cette zone maritime comme zone économique exclusive. Mais l’Etat a dû renoncer du fait de la taille insuffisante de ce caillou. Aujourd’hui, le Royaume Uni, l’Islande, l’Irlande et le Danemark mettent en avant leurs intérêts pour l’exploitation (sous-sol et pêche) concernant cette région.

Rockall viendrait du gaélique et voudrait dire « rocher rugissant ». Certains disent également que cette région serait l’emplacement de la célèbre civilisation engloutie de l’Atlantide.

Peut-être en observerons nous des vestiges.

Le rythme des prélèvements s’accélère aujourd’hui et continuera la nuit et le jour prochain. Il nous faut acquérir un maximum de données dans cette zone riche en coraux avant l’arrivée du mauvais temps (dans la nuit de dimanche à lundi). Le vent et la houle empêcheront certaines manœuvres, notamment la station du bateau et nous nous préparons aux « montagnes russes ».

Cette période sera celle du transit vers Mingulay, plus proche des côtes découpées du nord de l’Ecosse, autre aventure de cette campagne.

Ce soir les équipes de 20h-minuit et minuit-4h se préparent à échantillonner les deux carottes prévues pendant la nuit. Et un groupe de globicéphales est apparu à quelques dizaines de mètres du bateau.

Vendredi 24 juin 2016 - Station 1
55°N/15°W

​Il est 23h56 et le soleil est encore haut.

21h37

Pour cette troisième journée en mer, le rythme s'est un peu accéléré avec la première opération : de l'eau prélevée à plusieurs profondeurs entre 2305 mètres et la surface grâce au CTD Rosette. La manipulation a parfaitement réussi et l'équipe scientifique a pu obtenir une belle courbe de données. 
L'équipe coordinatrice a beaucoup travaillé aujourd'hui pour préparer la suite et notamment les carottages en multitube.
 


Photo de Meriadec Le Pabic

Parmi les faits marquants, les résultats du référendum en Grande-Bretagne sur la sortie de l'Union européenne font beaucoup parler, notamment pour les britanniques présents à bord.

Nous approchons le plateau de Rockall et nous devrions approcher la prochaine station dans quelques minutes. Des récifs coralliens ont été repérés à 750 mètres de profondeur. L'Atalante va naviguer dans cette zone pour observer et repérer les zones intéressantes pour les prochains prélèvements. Vers minuit, il est prévu d'effectuer un carottage en multitube, puis un CTD et un carottage demain matin. 

A bord du bateau, les personnes souffrant du mal de mer sortent petit à petit de leurs cabines. La vie s'installe peu à peu, rythmée par les repas, les différents travaux et les loisirs (salle de sport, salle de lecture, baby foot et balades sur le pont). 

Les prévisions météorologiques indiquent l'arrivée du gros temps pour la nuit de dimanche à lundi, ce qui va perturber les opérations de carottage. L'Atalante devra s'écarter provisoirement de la zone la plus touchée. La calme devrait être de retour dans la journée de mardi.

Jeudi 23 juin 2016 - Les côtes irlandaises
21h27 - 52°N/11°W

Deuxième journée de transit pour l'équipe embarquée à bord de L'Atalante. Le travail commencera demain matin à 8h dès l'arrivée sur le premier site. Pendant la journée, nous avons pu apercevoir les côtes irlandaises. Et avons pu profiter des quelques rayons de soleil avant une dégradation du temps annoncée plus au nord. Certains d'entre nous ont encore du mal à s'adapter et souffrent du fameux mal de mer. Mais nous ne citerons personne.

Les équipes de quart ont été désignées. Les uns travailleront de 8h à 12h puis de 20h à 0h, d'autres de 12h à 16h puis de 0h à 4h et enfin les derniers de 4h à 8h et de 16h à 20h. Le but de ces quarts est de pouvoir avancer les différentes opérations (carottage et autres) de jour comme de nuit. Les marins aussi ont l'habitude de rythmer leur travail de cette manière.

Après une réunion de l'équipe scientifique ce matin où Mary Elliot a pu expliquer les objectifs et enjeux de cette mission, chacun a pu découvrir les différents postes d'analyse de l'eau, des coraux et des sédiments prélevés.

L’équipage s’est également réuni pour organiser le travail qui commencera dès demain matin. Ce sont eux qui effectueront les grosses opérations de mise à l’eau. Il est prévu que la CTD rosette munie de 24 réservoirs de 12 litres descende jusqu’à 2000 mètres de fond avant d’être remontée à bord. Chaque réservoir s’ouvrira pendant la remontée à des profondeurs différentes. Le quart de 8h-12h devrait effectuer les premières analyses.

À 18h, tous les passagers du bateau, équipe scientifique et équipage, se sont réunis pour faire un dernier point de la situation et pour partager un pot d’inauguration.

Ce soir, à part l'équipe de coordination qui peaufine l'emplacement du site de demain grâce aux cartes bathymétriques, tout le monde va se reposer malgré les difficultés d'adaptation aux mouvements incessants du bateau. Pendant que certains s’attaquent à la belle collection de bandes dessinées de L’Atalante, d’autres s’exercent au baby-foot ou en profitent pour méditer en regardant la mer encore calme. 


Photo de Meriadec Le Pabic

Mercredi 22 juin 2016 - Départ de Brest


L'Atalante - IFREMER

Il est 8h et L'Atalante quitte le quai du port de commerce à Brest. Direction le nord pour une mission de 10 jours au large de l'Irlande et du nord de l'Écosse. À bord, l'équipage se mobilise pour les manoeuvres et une équipe de scientifiques préparent des prélèvements de sédiments, d'eau et de coraux. 

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, on peut retrouver des coraux dans le nord de l'océan Atlantique. Et pas seulement dans les zones tropicales. Il s'agit du Lophelia pertusa. Ces récifs coralliens d'eaux froides ont été découverts au début du vingtième siècle et se retrouvent dans les fonds rocheux entre 200 et 700 mètres de profondeur. Ils apparaissent grâce à des conditions environnementales très particulières et forment des écosystèmes abritant de nombreuses espèces. Tous les coraux n'ont pas été découverts car toutes les zones de l'océan n'ont pas été explorées. Il semble qu'ils se développent particulièrement au niveau des pentes océaniques, face aux courants, zones souvent sensibles aux changements climatiques.

Pour trouver les récifs coralliens, c'est comme si on se baladait avec une lampe torche dans le fond de l'océan.

Ces récifs coralliens, présentent une biodiversité unique et de nombreux chercheurs tentent de comprendre le pourquoi de leur présence. De quels nutriments ont-ils besoin? Dans quels types de courants se développent-ils?

Pourquoi sont-ils là? Et pas là? Depuis quand sont-ils là?

La plupart des récifs coralliens en eaux froides dans la zone que nous allons explorer semblent dater de 10000 à 8000 ans (début de l'holocène). Aucun fossile de coraux d'avant cette période n'a été trouvé. Mais personne ne sait vraiment pourquoi ils sont apparus à cette date-là et ce qui s'est passé.
L'un des objectifs de la campagne Rockall-Mingulay consiste à prélever des coraux dans une zone se situant entre l'Irlande et le nord de l'Écosse. Ces prélèvements et leurs analyses pourraient donner, grâce à des paramètres géochimiques des indications sur les évolutions des courants océaniques dans le passé et donc des changements climatiques. Leurs sensibilités aux changements climatiques en font des marqueurs intéressants pour comprendre les climats du passé, du présent et du futur.

 


Premier jour de mer donc pour toute l'équipe. Certains rencontrent pour la première fois la sensation d'être en pleine mer.